Vous installez des panneaux solaires et vous produisez plus d’électricité que vous n’en consommez. Que faire de ce surplus ? L’État a prévu la réponse depuis l’an 2000 : EDF est légalement obligé de vous le racheter, à un tarif fixe garanti contractuellement pendant 20 ans. C’est ce qu’on appelle l’Obligation d’Achat ou EDF OA. Ce n’est pas une offre commerciale qu’EDF peut retirer demain matin : c’est une mission de service public inscrite dans le Code de l’énergie, article L314-1. Le tarif qui figure dans votre contrat au moment de la mise en service est celui qui s’applique sur toute la durée du contrat, quelles que soient les évolutions tarifaires ultérieures. Nestorwatt vous explique exactement comment ce mécanisme fonctionne, ce qu’il vous rapporte et comment nous gérons l’ensemble des démarches à votre place.
Ce qu’il faut retenir
- EDF OA rachète votre surplus d'électricité solaire pendant 20 ans à tarif garanti et fixe.
- Le tarif est figé à la date de votre Demande Complète de Raccordement, pas à l'installation.
- Depuis mars 2025, seule l'autoconsommation avec vente du surplus est possible pour les panneaux ≤ 9 kWc.
- Un arrêté du 1er juin 2026 a fortement modifié les tarifs pour les nouvelles demandes.
EDF OA : qu'est-ce que c'est exactement ?
EDF OA Solaire est le service d’Obligation d’Achat géré par EDF pour racheter aux particuliers et aux entreprises l’électricité produite par leurs panneaux photovoltaïques. Le mécanisme est inscrit dans le Code de l’énergie depuis 2017 : tout autoproducteur raccordé au réseau peut vendre son surplus à EDF à un tarif fixé par l’État, garanti sur 20 ans par contrat.
EDF OA n’est pas une filiale commerciale qu’on choisit comme on choisit un fournisseur d’énergie. C’est un acheteur obligé désigné par l’État, qui ne peut pas refuser de signer votre contrat si votre installation est conforme. On compte désormais plus d’un million d’installations photovoltaïques en France raccordées dans ce cadre.
Le dispositif couvre plusieurs types d’énergies renouvelables (éolien, biogaz, hydraulique), mais pour les particuliers, il concerne quasi exclusivement le photovoltaïque.
Les deux modes de valorisation
L’autoconsommation avec vente du surplus (le seul mode disponible pour panneaux ≤ 9 kWc)
C’est le mode de fonctionnement standard pour la quasi-totalité des installations résidentielles. Vous consommez directement l’électricité que vos panneaux produisent quand vous en avez besoin et vous injectez le surplus sur le réseau. Ce surplus est racheté par EDF OA au tarif en vigueur à la date de votre raccordement, garanti 20 ans.
C’est aujourd’hui le modèle le plus rentable : l’autoconsommation avec vente de surplus est l’option la plus rentable pour les particuliers : vous consommez l’électricité produite et revendez l’excédent. Chaque kWh autoconsommé vous évite d’en acheter à 0,20 €. Chaque kWh revendu vous rapporte le tarif de rachat en vigueur. La combinaison des deux est bien plus avantageuse que la revente totale.
Important : depuis mars 2025, les installations de 9 kWc ou moins ne sont plus éligibles à la vente en totalité. L’autoconsommation avec vente du surplus est le seul schéma disponible pour les particuliers.
La vente en totalité (réservée aux installations > 9 kWc)
Pour les installations de puissance supérieure à 9 kWc, la vente de l’intégralité de la production à EDF OA reste possible. Le tarif de rachat est alors plus élevé que pour le seul surplus, mais ce modèle ne s’applique plus aux installations résidentielles standard.
Les tarifs EDF OA : ce qui a changé
Pour les demandes déposées avant le 5 juin 2026
Les tarifs étaient révisés chaque trimestre par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE). Pour la période du 1er janvier au 31 mars 2026, les tarifs applicables étaient les suivants : vente du surplus (autoconsommation avec injection du surplus) : 0,04 à 0,0536 €/kWh ; vente en totalité (injection totale) : 0,0792 à 0,0911 €/kWh selon la puissance.
Pour les demandes déposées à partir du 5 juin 2026
L’arrêté du 1er juin 2026 fixe désormais un tarif unique de 0,011 €/kWh (hors TVA), identique quelle que soit la puissance crête de l’installation (≤ 100 kWc). Ce tarif est revalorisé de 2 % par an à chaque date anniversaire du contrat, pour une durée de 20 ans. La prime à l’autoconsommation a également disparu du nouveau dispositif pour ces nouvelles demandes.
Ce que cela signifie concrètement : si votre Demande Complète de Raccordement a été validée avant le 5 juin 2026, vous bénéficiez des anciennes conditions tarifaires, bien plus favorables. C’est une des raisons pour lesquelles déposer son dossier rapidement est stratégiquement important.
La règle d'or : c'est la date de la DCR qui compte
C’est le point que beaucoup de propriétaires ignorent et qui peut coûter plusieurs centaines d’euros sur 20 ans. Le tarif en vigueur à la date de signature est inscrit dans le contrat et garanti pendant 20 ans. Une fois fixé, il n’est plus affecté par les baisses trimestrielles ultérieures.
Mais la date retenue n’est pas celle de la pose des panneaux, ni celle de la signature du contrat EDF OA. C’est la date de votre Demande Complète de Raccordement (DCR) validée par Enedis. C’est cette date qui “fige” le trimestre applicable et donc le tarif qui figurera dans votre contrat pour 20 ans.
Raison supplémentaire pour confier cette démarche à un installateur rigoureux : un dossier incomplet ou mal constitué peut décaler la validation de la DCR d’un trimestre entier, avec des conséquences tarifaires permanentes.
Les conditions pour signer un contrat EDF OA
Les conditions à remplir : installation posée par un installateur certifié RGE QualiPV, panneaux conformes (label de qualité européen) et raccordement avec compteur de production. Les kits « plug and play » non raccordés au réseau ne sont pas éligibles.
Plus précisément, voici ce qui est requis :
Installateur RGE QualiPV : obligatoire. Sans cette certification, pas de contrat EDF OA possible.
Consuel : l’attestation de conformité électrique (bleue sans batterie, violette avec stockage) est indispensable pour que Enedis procède au raccordement.
Compteur Linky : un compteur communicant Linky est nécessaire pour mesurer la production et l’injection sur le réseau. Le remplacement est gratuit.
Puissance ≤ 500 kWc : la puissance des panneaux photovoltaïques ne doit pas dépasser 500 kWc pour entrer dans le dispositif OA classique.
Les étapes du contrat EDF OA : le parcours complet
Voici les 6 étapes du parcours :
- Votre installateur RGE pré-remplit le certificat
- Le Consuel est délivré
- Vous précisez le mode de revente (surplus ou totalité) : Enedis évalue les travaux et propose un devis
- Les panneaux sont posés
- Le compteur de production raccordé
- Le Consuel validé : Enedis envoie automatiquement votre dossier à EDF OA, aucune démarche supplémentaire de votre côté. EDF OA vous envoie ensuite le contrat 20 ans à signer et renvoyer.
Le délai total entre la pose des panneaux et la première facturation EDF OA est généralement de 2 à 4 mois, principalement dû aux délais de traitement Enedis et d’émission du Consuel. La production pendant cette période est perdue pour la revente (mais pas pour l’autoconsommation).
Combien rapporte le contrat EDF OA ?
La réponse honnête : moins qu’avant, mais ce n’est pas le seul levier de rentabilité.
Avec les tarifs T1 2026 (pour les DCR déposées avant juin 2026), un foyer produisant 3 500 kWh/an avec un taux d’autoconsommation de 55 % injecte environ 1 575 kWh sur le réseau. Au tarif de 0,04 €/kWh, cela représente 63 €/an de revenus de revente. Modeste en valeur absolue, mais garanti 20 ans, sans risque et sans effort.
L’essentiel de la rentabilité ne vient pas de la revente, mais des économies sur facture : 1 925 kWh autoconsommés à 0,20 €/kWh = 385 €/an d’économies. Soit au total 448 €/an de gain pour une installation de 3 kWc en Bretagne.
C’est la raison pour laquelle l’autoconsommation directe est aujourd’hui le vrai moteur de rentabilité d’une installation solaire et pourquoi le taux d’autoconsommation (via un routeur solaire ou un EMS) est le premier levier à optimiser.
