Bonne nouvelle : la très grande majorité des toitures est compatible avec une installation photovoltaïque. Tuiles canal ou plates, ardoise naturelle ou synthétique, bac acier, zinc, toiture-terrasse, chaque matériau de couverture dispose d’une technique de fixation adaptée. Mais la compatibilité ne signifie pas interchangeabilité. La nature de votre toiture détermine le type de crochets, les fixations, la méthode de pose, le surcoût éventuel et les précautions incontournables.
Membrane EPDM
La toiture EPDM est composée d’une membrane d’étanchéité en Éthylène, Propylène, Diène, Monomère (EPDM). Cette membrane monocouche se distingue par sa grande résistance et sa forte capacité de traction, ce qui en fait une solution idéale pour les constructions neuves, en installant des panneaux solaires sur toit terrasse, des panneaux solaires sur cabane de jardin ou pour les rénovations de toitures.
Membrane PVC
La membrane PVC est très utilisée dans le secteur de la construction de logements neufs en raison de sa solidité et durabilité, ainsi que ses aspects esthétiques et sa facilité d’entretien.
Membrane bitume
Une membrane bitume est un revêtement d’étanchéité qui est composé de bitume transformé par l’ajout de polymères, auxquels sont mélangés des matériaux stables ou peu réactifs chimiquement : sable, extrait d’ardoise… Ce type de toiture est très utilisé dans la construction et projets de rénovation.
Toiture ardoise
La toiture en ardoise est très répandue dans le Nord de la France, notamment en Bretagne, Normandie et dans les Alpes. Il existe deux types : l’ardoise naturelle, avec une durée de vie d’une centaine d’années et d’excellentes performances d’étanchéité, et l’ardoise synthétique, plus légère, facile à poser et économique. Ces matériaux sont principalement utilisés pour des habitations.
Toiture tuile
La toiture en tuile est principalement utilisée pour les bâtiments et habitations du Sud de la France dans des régions comme la Nouvelle-Aquitaine, l’Occitanie ou encore la Provence-Alpes-Côtes d’Azur. Construites en terre cuite, elles offrent une excellente résistance aux intempéries et leur forme facilite un écoulement efficace des eaux de pluie.
Plaques ondulées fibrociment
Une toiture en fibrociment se présente sous forme de plaque ou de panneaux ondulés fabriqués à partir d’un mélange d’eau, de fibres naturelles, de cellulose et de ciment. Le fibrociment est un matériau durable qui est souvent utilisé pour des bâtiments tertiaires, agricoles ou des complexes sportifs.
Toiture bac acier
La toiture bac acier est une toiture qui se compose de deux panneaux acier. Il existe différents modèles tels que la toiture en tôle acier nervurée, les panneaux sandwich ou encore imitation tuile. La couverture en bac acier est davantage utilisée pour les bâtiments industriels mais aussi les granges, entrepôts ou encore abris de jardin. La durée de vie de ce type de toiture est de 60 ans en moyenne.
L’ardoise : une toiture noble qui demande une expertise particulière
L’ardoise est le matériau de couverture le plus exigeant pour l’installation de panneaux solaires. Fragile, lourde, posée en rangs successifs avec un recouvrement précis, elle concentre toutes les difficultés techniques que l’on peut rencontrer en photovoltaïque résidentiel. Pourtant, elle représente une part considérable du parc immobilier. Nestorwatt l’installe régulièrement et conçoit chaque chantier ardoise comme un chantier à part entière.
Les deux méthodes de pose sur ardoise
Selon l’orientation esthétique du projet, la configuration de la toiture et les éventuelles contraintes de l’Architecte des Bâtiments de France, deux techniques sont envisageables.
La surimposition : la méthode la plus courante
La surimposition est la technique de référence pour les toitures ardoise. Des crochets spécifiques en inox, conçus pour s’insérer entre les rangs d’ardoises sans les briser, sont fixés directement sur la charpente, obligatoirement sur un chevron, jamais sur un liteau seul. Ces crochets soutiennent des rails aluminium horizontaux sur lesquels les panneaux photovoltaïques reposent et sont maintenus par des bridas.
Cette méthode présente trois avantages majeurs. Elle préserve l’étanchéité originelle du toit : les ardoises restées en place continuent d’assurer leur rôle. Elle assure une ventilation naturelle optimale sous les panneaux, ce qui limite leur montée en température et préserve leur rendement. Enfin, elle est réversible : on peut déposer les panneaux sans toucher à la couverture.
L’intégration au bâti (IAB) : l’option esthétique
L’intégration au bâti consiste à retirer une partie des ardoises pour y encastrer les panneaux photovoltaïques directement dans le plan de la toiture. Le système photovoltaïque assure alors lui-même le rôle de couverture et d’étanchéité sur la surface occupée. Le résultat est un rendu plus discret, les panneaux affleurant les ardoises environnantes plutôt que de se superposer.
Cette technique est plus complexe à mettre en œuvre : elle exige une parfaite maîtrise de la zinguerie et des raccords d’étanchéité aux jonctions entre les panneaux et les ardoises conservées. Elle coûte environ 10 à 15 % de plus que la surimposition et est souvent imposée par l’Architecte des Bâtiments de France dans les zones protégées ou paysagères.
Les deux points de vigilance incontournables
1. Les fixations : inox ou aluminium, jamais d’acier galvanisé
L’ardoise est un matériau naturel dont la durée de vie dépasse souvent 50 à 80 ans sur les bâtiments anciens. Les fixations utilisées pour l’installation solaire doivent tenir sur la même durée. C’est pourquoi il est impératif d’utiliser exclusivement des crochets en acier inoxydable (inox A2 minimum, A4 en bord de mer) et des rails en aluminium anodisé. L’acier galvanisé est proscrit : il rouille en quelques années en présence d’humidité et risque de tacher les ardoises de traînées ferrugineuses impossibles à nettoyer.
Attention également à la corrosion galvanique : le contact direct entre l’inox des crochets et l’aluminium des rails peut créer un phénomène d’électrolyse en présence d’humidité, accélérant la corrosion. La solution est simple mais nécessite une attention particulière : interposer des rondelles isolantes en EPDM entre les deux métaux pour éviter tout contact électrique direct. Un installateur sérieux spécifie systématiquement ce point dans son devis.
Sur un toit ardoise, l’absence de rondelles EPDM entre les crochets inox et les rails aluminium peut réduire la durée de vie des fixations à moins de 15 ans dans les régions humides ou côtières. Vérifiez que ce point figure explicitement dans votre devis.
2. Le diagnostic de charpente : une étape non négociable
Avant toute installation sur ardoise, un diagnostic de la charpente est indispensable. L’ardoise naturelle est l’un des matériaux de couverture les plus lourds : son poids varie selon le type entre 25 et 45 kg/m². L’ajout des panneaux solaires (environ 11 à 14 kg/m²) et de la structure de fixation (2 à 4 kg/m²) représente une charge supplémentaire significative que la charpente doit pouvoir absorber sans risque de flèche ou de rupture.
Ce diagnostic permet de vérifier l’état des chevrons (sections, absence de pourriture ou d’attaques d’insectes xylophages), leur espacement (les crochets ne peuvent être fixés que sur un chevron) et la capacité portante générale de la structure. Si les chevrons s’avèrent insuffisants, un doublage ou un remplacement partiel peut être nécessaire avant la pose des panneaux. Ce surcoût potentiel doit être intégré dans le budget global du projet.
Nestorwatt effectue systématiquement un diagnostic de charpente avant tout chantier sur ardoise. Ce passage est inclus dans notre étude de faisabilité et conditionne le devis final. Un installateur qui propose un prix sans avoir inspecté la charpente doit vous alerter.
Les toitures en tuiles : la pose la plus accessible
Les tuiles, qu’elles soient canal, romaines, plates, à emboîtement ou marseillaises, sont les toitures les plus favorables à l’installation photovoltaïque. La technique de surimposition y est bien balisée, les crochets standardisés et la pose relativement rapide (1 à 2 jours de chantier pour une installation de 6 kWc).
Le principe est identique pour tous les types de tuiles : des crochets spécifiques au modèle de tuile sont glissés entre deux rangées et fixés sur la latte ou le chevron. Les tuiles adjacentes sont replacées autour du crochet. Des rails aluminium sont ensuite boullonnés sur les crochets et les panneaux sont maintenus par des bridas. Le chantier ne nécessite pas de retrait massif de tuiles ni de travaux de zinguerie.
Les seules précautions spécifiques concernent les tuiles anciennes ou fragilisées : une tuile fissurée qui repose sur un crochet peut se briser sous les contraintes mécaniques du vent. Un installateur rigoureux vérifie l’état des tuiles dans la zone d’installation et propose le remplacement des pièces défectueuses avant pose.
Les tuiles plates et tuiles canal sont les formats les plus courants en Bretagne et en Pays de la Loire. Nestorwatt dispose d’un stock de crochets adaptés à tous les profils régionaux, y compris les modèles anciens peu standardisés.
Le bac acier : rapidité et solidité de fixation
Les toitures en bac acier trapézoïdal sont extrêmement favorables à l’installation photovoltaïque. Les nervures métalliques offrent des points d’ancrage rigides et réguliers sur toute la surface. La fixation s’effectue soit par des pinces à nervure qui ne percent pas la couverture et préservent son étanchéité, soit par des vis auto-perceuses traversant la nervure avec joint d’étanchéité intégré.
Cette toiture est particulièrement courante sur les hangars agricoles, les maisons contemporaines à toiture métallique et les bâtiments d’activité. Le chantier y est souvent le plus rapide et le moins coûteux en main-d’œuvre. Point d’attention : vérifier l’épaisseur et l’état de la tôle avant de fixer. Une tôle fine ou corrodée peut ne plus offrir une résistance suffisante aux efforts d’arrachement par vent fort.
La toiture-terrasse : une surface exploitable avec des précautions
Une toiture-terrasse avec une pente inférieure à 5° ne permet pas de poser les panneaux directement à plat, un angle d’inclinaison minimal de 10 à 15° est nécessaire pour assurer un ruissellement correct de l’eau et éviter les stagnations qui encrassent les modules. Des châssis inclinés montés sur plots réglables permettent d’atteindre l’angle souhaité.
Le mode de fixation dépend du complexe d’étanchéité en place. Sur une toiture-terrasse avec étanchéité bitumineuse, la solution la plus fréquente est le lestage : les châssis sont lestés par des dalles béton ou des graviers, sans aucune perforation de la membrane. Sur les toitures accessibles avec revêtement durable, une fixation mécanique est possible si la dalle béton support est suffisamment épaisse. Dans tous les cas, l’installation d’un pare-soleil théorique entre la membrane et la structure peut être exigée par l’assureur de la toiture pour maintenir la garantie d’étanchéité.
En règle générale, une toiture-terrasse implique de consulter préalablement l’entreprise qui a posé ou entretient l’étanchéité. Toute modification non validée peut invalider la garantie d’étanchéité en cours.
Le zinc à joint debout : zéro perforation possible
Le zinc à joint debout est une couverture précieuse qui mérite un traitement particulier. La technique de fixation idéale est la pince à joint debout, une pièce en aluminium qui se clipse directement sur le joint vertical de la feuille de zinc sans aucun perçage ni vis. C’est techniquement la solution la plus respectueuse de la couverture et la plus réversible.
Cette méthode est particulièrement adaptée aux bâtiments anciens ou aux toitures zinc récentes dont l’étanchéité doit être absolument préservée. Elle suppose néanmoins que les joints soient réguliers, droits et en bon état. Un zinc bosselé, irrégulier ou en cours d’altération ne peut pas accueillir ce type de fixation dans des conditions sécuritaires.
Le fibrociment : diagnostic amiante avant tout
Les plaques en fibrociment fabriquées avant 1997 peuvent contenir de l’amiante. Depuis la loi du 1er janvier 1997, tout chantier sur des matériaux susceptibles de contenir de l’amiante est soumis à une réglementation stricte : un diagnostic amiante avant travaux (DAAT) réalisé par un opérateur certifié est obligatoire avant tout début d’intervention. Si la présence d’amiante est confirmée, les travaux de perçage ou de découpe sont interdits sur ces matériaux et une procédure de gestion ou de remplacement doit être établie.
Sur un fibrociment sain et postérieur à 1997 (ou dont le diagnostic est négatif), l’installation photovoltaïque est tout à fait possible avec des fixations adaptées. Nestorwatt vérifie systématiquement ce point avant tout devis sur ce type de couverture.
Ne jamais pénétrer, percer ou découper une plaque de fibrociment sans diagnostic amiante préalable. L’amende encourue et le risque sanitaire pour les intervenants et les occupants du logement sont considérables.
